Archive pour la catégorie ‘4 – Editoriaux’

Réforme ou Réforme ?

L’avenir de l’Assemblée des Français de l’étranger est en jeu.

De profondes modifications sont sur la table.
Le mot réforme est dans toutes le bouches.
Vous avez dit « réforme » ? mais est-ce réforme ? ou réforme ?

Notre langue française est riche de nuances et nous devons bien prendre garde à ne pas nous tromper.
En effet, hormis l’aspect religieux du terme, réforme a deux sens opposés ou presque.

L’un conduit vers le progrès, l’autre dirige vers le …placard !
Les deux termes de l’alternative sont loin d’apporter les mêmes effets. D’où la prudence voire la méfiance qui ont entouré les discussions mais aussi l’opiniâtreté, le dynamisme et la volonté d’aller de l’avant lors des débats au Sénat sur la représentation des Français établis hors de France.
Ce bulletin est essentiellement consacré à cet important dossier et retrace le cheminement de nos réflexions tant en commission des lois qu’en séance plénière.
A la lecture de ces extraits de compte rendu, il sera facile de constater que d’importantes concessions ont été faites de part et d’autre sans pour autant donner raison à l’humoriste qui disait que : « de concession en concession, on aboutit à la concession perpétuelle » !

Des progrès substantiel ont été faits par rapport au texte initial du gouvernement.
Que l’on en juge avec les quelques exemples qui suivent :

  • Vice-présidence du Conseil consulaire pour un élu ;
  • Compétences de tous les élus précisées et renforcées ;
  • Election au suffrage universel direct des conseillers à l’AFE ;
  • Indication dans la loi comme pour les assemblées locales de la période de première réunion après renouvellement des conseils consulaires et de l’AFE ;
  • Accroissement du rôle du président élu de l’AFE ;
  • Augmentation de 81 à 102 du nombre de conseillers à l’AFE ;
  • Inscription dans la loi des deux sessions annuelles de l’assemblée ;
  • Meilleure information des électeurs ;
  • Aménagement et consolidation des garanties républicaines du scrutin pour les sénatoriales avec vote à l’urne ou par procuration ou au poste diplomatique et consulaire selon une procédure sécurisée ;
    etc…

Malheureusement, un point, un tout petit point, mais oh combien important, n’a pu être résolu.
Le consensus pratiquement atteint s’est donc brusquement effondré.
Tout cela pour imposer de manière incompréhensible le scrutin proportionnel dans quatre circonscriptions à… deux sièges.
Il était pourtant si simple de prévoir soit un scrutin majoritaire pour deux sièges, soit un regroupement de circonscriptions pour avoir un ou trois sièges.
Rien à faire. On s’est trouvé fac à un blocage étonnant.

Après tant d’efforts de convergence, pourquoi soudain tout démolir pour imposer un dispositif, qui en plus, ne tient pas la « route républicaine »?
Comment, en effet, peut-on justifier le système proportionnel à deux sièges, même à la plus forte moyenne ?
Il signifie notamment que les têtes de liste des deux plus grands partis, que la circonscription soit de gauche ou de droite, n’ont même pas besoin de faire campagne pour être élus.

C’est un déni de démocratie qui me fait penser à cette phrase de Coluche : « C’est pas dur la politique ! on fait cinq ans de droit et tout le reste c’est de travers » !
Quel dommage, pour des raisons qui m’échappent, qu’un vote unanime n’ait pu être obtenu sur la réforme de la représentation des Français établis hors de France alors qu’il était en ligne de mire et sur le point d’être atteint.

La « petite loi » n’a finalement été adoptée par le Sénat, que d’extrême justesse puis qu’elle a obtenu 276 voix contre 271.
Tout ça pour quatre circonscriptions à deux sièges à la proportionnelle…

Espérons que l’Assemblée nationale ne va pas tout détricoter.
Souhaitons que le gouvernement, conscient de ce faux pas en matière électorale, va de son côté rectifier le tir.
Formons le vœu qu’il reprenne les choses en main d’autant plus qu’à cette exception près – malheureusement de taille – il a fait preuve d’écoute, d’ouverture et de compréhension.
Si tel est le cas, le désappointement actuel se transformera en espérance.
La réforme nous conduira au progrès et non pas au placard.

Soyons tous attentifs ensemble car il ne faut pas oublier ce vieux proverbe anglais : « qui cherche des difficultés en trouve toujours »

Sénateur Christian Cointat

Non à l’idiologie !

L’accélération continue de la montée du chômage dans notre pays devient plus que préoccupante.

A côté de moi, au restaurant des gens parlaient à haute voix et une phrase m’a frappé : « le mariage pour tous c’est très bien mais la chose la plus importante, c’est le travail pour tous ».
L’inquiétude devient de plus en plus palpable et l’avenir fait peur.
Malheureusement si on ne change pas notre attitude face aux problèmes économiques et financiers, je crains que la situation ne fasse qu’empirer.

Pourtant tout le monde sait bien qu’il n’y a pas de miracle.
Pour créer des emplois, il faut investir dans l’outil productif et conquérir des marchés.
Cela suppose inévitablement à la fois de l’argent et des clients.
Cela demande aussi de grands efforts de compétitivité dans le monde ouvert d’aujourd’hui et surtout dans l’espace européen où règnent la libre circulation des biens, des personnes, des capitaux et la compétition concurrentielle.

Autrement dit, il est nécessaire de disposer de capitaux, de produire à des coûts compétitifs avec des charges raisonnables.
Or, les dispositions fiscales Françaises ont fait fuir à l’étranger des montants financiers importants et notre protection sociale de qualité n’est supportée que par la production française.
Autrefois, pour lutter contre le dumping économique et social des pays émergeants, il était possible de se protéger par des droits de douane.
L’Europe les a pratiquement tous supprimés.

La seule solution que malheureusement a été introduite trop tardivement et trop timidement reste la TVA dite « sociale » ou « anti délocalisation ».
En effet, elle fait supporter le coût de la protection sociale par l’ensemble des produits qu’ils soient nationaux ou importés.
Le prix du « made in France » reste inchangé pour le consommateur puisqu’il y a un simple transfert de charges vers la TVA.
En revanche, le produit importé, lui, sera importé d’autant comme s’il était frappé par un droit de douane.

C’est une façon habile de contourner les règles européennes que nos amis et voisins allemands ne se sont pas privés de mettre en place car ça marche !
A partir du moment où la seule augmentation des prix ne touche que les produits étrangers, je ne vous pas en quoi cet effort pour conserver nos entreprises et développer l’emploi ne seraient pas acceptés ?
Malheureusement aucun indicateur ne laisse entendre que des mesures sont prises pour inciter les capitaux à revenir chez nous, pour arrêter l’hémorragie des délocalisations comme pour rendre plus compétitif notre coût du travail tout en garantissant le niveau élevé de notre protection sociale.

L’idéologie qui est pourtant en soi une notion noble a trop tendance à devenir l’idiologie.
On se braque. On se bloque. On refuse de voir la réalité en face.

En 1981, François Mitterrand s’est lancé dans une grande action idéologique avec en particulier les nationalisations, contrôle des changes etc…
Il ne fallait pas être grand clerc pour se douter que notre économie allait droit vers la catastrophe.

Heureusement, François Mitterrand s’en est rendu compte à temps et à eu le courage de faire un virage important.
Il a changé de premier ministre, mis en place un nouveau gouvernement avec cette fois des objectifs réalistes et Laurent Fabius a remis notre économie sur les rails…

Comme disait le président Georges Pompidou : « le problème de la redistribution serait grandement facilité si on avait davantage à redistribuer ».
Pour avoir davantage il faut produire, il faut vendre, il faut des capitaux, il faut la confiance.

Espérons que le vent de l’histoire qu’a insufflé François Mitterrand soufflera sur l’Elysée et Matignon et empêche l’idéologie de devenir idiologie !

Sénateur Christian Cointat

Au secours, Hélène !

Quand j’étais petit, ma voisine ne cessait de répéter : « faire et défaire, c’est toujours travailler ». Cette phrase, surtout dans l’ordre où elle était prononcée, m’énervait au plus haut point car elle laissait entendre que détruire avait la même valeur que construire et je ne pouvais m’y résoudre.
Je n’aurais donc dû jamais faire de la politique, du moins en France, où malheureusement ce principe est roi alors que c’est totalement différent chez nos voisins et amis de l’Union Européenne où l’on cherche à améliorer ce que l’on a plutôt qu’à éliminer ce qui a été fait par d’autres.
Cette habitude de tous les partis politiques français de toutes sensibilités et origines qui, en définitive, revient à galvauder ce terme pourtant noble « d’alternance », me semble finalement traduire un manque de crédibilité en soi comme dans les autres.
Elle me fait penser à l’histoire d’une famille nombreuse, toujours dans ma jeunesse, qui se trouvant à l’étroit dans son logement avait trouvé utile de le détruire pour en reconstruire un plus grand, mais qui faute de moyens financiers a dû vivre chichement pendant des années, quasiment sous la tente.

Il aurait été plus sage d’agrandir l’existant et de l’améliorer, mais cela paraissait trop subalterne !

« Du passé faisons table rase » nous fait chanter l’internationale.
Certes, mais parfois il estde l’intérêt de tous d’être un peu plus circonspect…
Malheureusement, les maux dont nous souffrons de manière récurrente ont des conséquences sur le sens que nous donnons aux choses en suscitant l’angoisse des mots.

En effet, tout est lié.
Cette tentation de destruction du passé entraîne naturellement un profond désarroi chez les intéressés quand on prononce le mot « réforme ».
C’est ce qui vient de se produire avec les intentions du gouvernement concernant l’Assemblée des Français de l’étranger.
Les réactions des uns et des autres, toutes tendances politiques confondues, traduisent la forte inquiétude qui taraude les coeurs et les esprits.

Pourtant, rien n’est pire que l’immobilisme.
Dans notre monde en pleine mutation, ne pas avancer c’est irrémédiablement reculer.
L’évolution de notre Assemblée dans le schéma institutionnel de décentralisation de notre République était en panne et ne rien faire était la condamner.

Une réforme peut donc la sauver pour autant qu’elle soit juste, utile, volontariste, audacieuse et adaptée à notre évolution constitutionnelle.
Mais pour cela, afin d’aboutir à un « gagnant, gagnant » pour la France, pour les Français de l’étranger, pour la démocratie, il faut, comme pour changer le plomb en or, une pierre philosophale.
Ici elle s’appelle: « confiance ».

C’est la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger qui détient ce précieux élixir de succès.
Si elle ne met pas tout son poids, toute sa force tant vis-à-vis du gouvernement que de l’administration, pour répondre aux attentes de tous ces ultra-frontaliers qui ne demandent qu’à servir leur pays du mieux possible,alors le plomb restera plomb et la réforme envisagée sera un échec qui subira à son tour les destructions de l’alternance.
En revanche, si elle use de cette alchimie magique, chacun sentira que l’on cherche vraiment le meilleur pour que notre pays dispose de toute la force que représentent ses ressortissants établis hors de ses frontières.
Alors, tout deviendra possible.
L’Assemblée des Français de l’étranger prendra enfin tout son sens avec des Conseillers à la légitimé renforcée et reconnue, confortés par une représentation de proximité à l’échelle consulaire.

J’en appelle donc à notre ministre, j’en appelle à Hélène, pour qu’elle use de sa baguette magique et fasse apparaître la confiance.
Ainsi d’un dialogue approfondi et fructueux pourra surgir la lumière !
Pour que tout soit possible, tout doit être ouvert.
La preuve, comme disait Woody Allen : « A toutes vos réponses, j’ai beaucoup de questions » !

Au secours Hélène !

Sénateur Christian Cointat – Janvier 2013

A la recherche de l’oiseau

Georges Clémenceau bien connu pour ses formules lapidaires, voire corrosives ou dévastatrices, était pourtant un romantique au fond de lui-même puisqu’il aimait se promener dans les merveilleux jardins de Giverny en compagnie de son ami Claude Monet.
Sa description de l’alternance politique est implacable mais malheureusement toujours d’actualité.
Le romantisme latent du personnage permet de comprendre qu’il ne visait nullement les personnes dont les qualités n’étaient en rien altérées.

C’était d’autant plus vrai que souvent les unes devenaient les autres et vice et versa.
En effet, il disait brutalement : « En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables » !
Toute l’histoire de France se résume à cette formule !

Aujourd’hui nous nous trouvons dans la première période, le premier membre de phrase, l’ère des « imbéciles ».
Par définition – toujours indépendamment de la qualité des personnes – tout ce qui a été fait est mauvais, inutile, coûteux avec pour seul objectif de conduire la France au désastre.
Bigre ! Toutes les énergies dépensées ces dernières années n’avaient donc pour but, d’après les dires d’aujourd’hui, que de faire du tort aux Français.
Comme si la majorité d’hier s’était entendue pour allègrement saborder notre pays et ses ressortissants.
Quelle drôle d’idée !

Mais attention, dans quelques mois, selon la bonne vieille loi du balancier, on va passer dans la deuxième partie de la formule de Clémenceau et on verra fleurir les « incapables ».
Tout ce qui sera fait n’aura alors d’autre ambition que de ruiner la France, d’attirer sur notre sol les maux les plus épouvantables et de faire fuir les Français !
On peut d’ailleurs déjà presque écrire ce qui paraitra dans les journaux.

Ces jeux, assez désolants il faut bien le reconnaître, sont malheureusement l’apanage de notre pays.
Nos voisins européens, surtout du nord, préférent utiliser de manière plus efficace leur énergie et leur argent.
La loi de finances rectificative pour 2012 a déjà ouvert le stand de tir mais le grand jeu sera sans nul doute la discussion budgétaire de 2013.
D’ailleurs Clémenceau – qui est décidemment toujours d’actualité – disait : « La France est un pays fertile.
Elle sème des impôts et récolte des fonctionnaires ».

Mais il n’est pas le seul.
N’est-ce pas Balzac qui écrivait : «Le budget n’est pas un coffre-fort mais un arrosoir» !

Trêve de pessimisme.
Arrêtons ces critiques dans tous les camps qui viennent d’un autre temps.
L’alternance mérite beaucoup mieux.
Il ne s’agit pas de succéder à des « imbéciles » pas plus que de laisser la place à des « incapables » mais de faire foisonner des idées nouvelles, de confronter des approches différentes pour trouver des solutions novatrices et efficaces et enfin d’aller de l’avant.

Comme disait l’humoriste Pierre Dac : « Ce n’est pas en tournant le dos à une situation qu’on lui fait face » !
Finalement, ne croyez-vous pas qu’il serait temps de donner un sens à ce proverbe indien : « Je ne suis ni l’aile droite, ni l’aile gauche. Je suis l’oiseau ».

Sénateur Christian Cointat

Choc ? ou électrochoc !

L'alternance, ce mot qui fait peur aux politiques est pourtant fondamental en démocratie, il en est l'essence même.
Certes, il peut avoir des effets douloureux, voire cruels et même injustes pour ceux qui alternent dans le mauvais sens.
Mais c'est ainsi et il faut faire avec !

Si un choc peut être destructeur, il peut également être salutaire quand on sait en tirer les leçons.
Une immense vague rose vient de submerger notre horizon bleu avec des éclairs colorés annonciateurs d'orages.
Ne nous contentons pas de sortir le parapluie, osons regarder le ciel sans crainte de la foudre !
Alors, le choc sera électrochoc en nous remettant sur pieds pour mieux défendre nos idées.
Comme disait l'humoriste : « rien ne vaut un bon coup de pied au derrière pour vous ouvrir les yeux ».
Je crois que maintenant ils sont bien ouverts !

Pendant que la gauche va devoir faire le difficile réapprentissage des responsabilités, des réalités de l'urgence et des choix complexes dans un monde en crise et en perpétuelle évolution, bref l'épreuve des embarras quotidiens, à nous de nous remettre en question, de faire le point, de récupérer notre énergie et, par la novation et la détermination, repartir à la conquête du terrain.
En politique rien n'est jamais perdu, tout est toujours possible à la condition de savoir ce que l'on veut, d'avoir la volonté de l'obtenir et de s'en donner les moyens.

C'est le bon côté de l'alternance qui génère le renouveau.
Désormais, c'est nous qui pouvons dire : « le changement c'est maintenant » alors que nos concurrents vont être confrontés à la règle immuable du pouvoir : « le tracas, c'est maintenant » !
Tout le monde sait dans les arcanes de la République qu'il est bien plus agréable d'embrasser Marianne dans les coins plutôt que de s'afficher officiellement à son bras !

L'opposition en démocratie est une cure de jouvence et de vitalité pour ceux qui croient en la justesse de leur combat.
C'est notre cas. Aussi, haut les coeurs les amis, nous avons plein de choses magnifiques à faire, ne nous en privons pas !
D'ailleurs, Marianne nous fait déjà de l'oeil !

Quand nous étions au pouvoir, la gauche annonçait les pires catastrophes.
Maintenant c'est l'inverse. Alternance oblige !
N'oublions pas cette phrase célèbre de Winston Churchill selon qui « tout le talent en politique consiste à dire ce qui va se passer demain, après-demain, l'année prochaine et d'expliquer ensuite pourquoi ça ne s'est pas produit ! »

A nous de faire en sorte que notre ambition pour la France puisse vraiment se réaliser.

Au travail !

Sénateur Christian Cointat
 

Chiche mais… sans tricher !

Le balancier du temps nous joue parfois de drôles de tours en nous fredonnant des airs déjà entendus.
A force d'aller et venir inlassablement dans la valse des jours, il nous emporte dans son mouvement en arrière ou en avant pour nous faire régulièrement revivre des moments déjà vécus.

Regardez les Français de l'étranger.
Ils sont tantôt aimés, tantôts vilipendés, tantôt enviés, tantôt rejetés.
Le cycle des humeurs.

Pourquoi cet amour, désamour ?
Tout simplement parce que la France n'aime pas ceux qui partent mais a besoin d'eux pour être et rester un grand pays.
N'oublions pas que la France, contrairement à ses voisins, n'a jamais été une terre d'émigration mais toujours un pays d'immigration.
Il fait bon vivre chez nous, beaucoup veulent y venir alors pourquoi partir ailleurs ?
Combien de fois n'ai-je entendu cette remarque avec en filigrane l'idée désobligeante qu'un tel départ ne s'expliquerait que pour des « incapables » ou des « gangsters » !

Récemment un troisième qualificatif est venu s'ajouter : « exilés fiscaux » !
Cette méfiance à l'égard des expatriés ne date pas d'hier et revient régulièrement.
Si les Français de l'étranger ont conservés leurs droits civils, c'est à François, Denis, Tronchet, le père du code civil promulgué le 21 mars 1804 sous Napoléon Ier, qu'ils le doivent.
Déjà à l'époque, Tronchet n'eut pas la tâche facile pour convaincre son entourage.

Voici une déclaration qui ne laisse aucun doute à ce sujet et qui garde aujourd'hui toute son actualité : « L'expatriation n'est pas en soi un délit (sic !); c'est l'usage d'une faculté naturelle qu'on ne peut contester à l'homme. On quitte souvent sa patrie pour des motifs innocents; le plus souvent on s'y détermine pour l'intérêt de sa fortune… mais jamais l'abdication n'a effacé la faveur de l'origine ». Comme quoi, rien n'est nouveau sous le soleil !
Heureusement, les bons côtés reviennent aussi.
L'ambition internationale de la France lui a fait très vite comprendre l'intérêt de l'expatriation car un grand pays a besoin de relayer et d'amplifier son rayonnement économique, culturel, linguistique, politique et humaniste par la présence de ses ressortissants tout autour de la planète. D'où les efforts effectués depuis de nombreuses années en faveur de l'expatriation avec un réseau consulaire exceptionnel, des établissements d'enseignement remarquables, une caisse de sécurité sociale efficace, une assemblée élue au suffrage universel, douze sénateurs et bientôt, grâce à Nicolas Sarkozy, onze députés.
Pourtant, il y aura toujours quelques esprits chagrins pour nous chercher cycliquement des noises.
Il y a quelques temps c'est la bi-nationalité qui était dans le collimateur alors qu'elle est une chance remarquable pour notre pays en lui ouvrant les « portes de l'autre » ou en laissant une « fenêtre vers la France ».
Aujourd'hui, c'est la fiscalité !

Comme si les Français expatriés étaient tous riches et ne payaient pas d'impôts !
Ils en payent en France s'ils y ont des revenus ou des biens (sans deductions possibles I) et, bien entendu, dans leur pays de résidence.
Ils ne sont pas drogués aux paradis fiscaux ! Il faut rappeler, à ce sujet, que le monde d'aujourd'hui est devenu un espace de competition internationale auquel il convient de s'adapter si on ne veut pas rester seul au bord du chemin.
Cet nvironnement compétitif est encore plus flagrant en Europe ou règnent la libre circulation des biens, des personnes, des capitaux avec de surcroit une obligation de concurrence.
Alors parler en Europe de « paradis fiscaux », c'est une façon de masquer rexistence « d'enfers fiscaux » découlant d'un manque de compétitivité financière et de la préséance du dogme politique sur la réalité du monde économique.
Certains nous disent : Français de l'étranger, vous devez payer des impôts sur vos revenus comme si vous étiez en France, déduction faite de ce que vous versez à votre pays d'accueil.

En d'autres termes, si vos impôts sont supérieurs à ce qu'ils seraient en France, vous ne paierez rien (encore heureux 1) mais s'ils sont inférieurs vous verserez au trésor public français la différence.
Ma réponse est toute simple : OK, Banco !
Mais en allant jusqu'au bout de la logique !
Car, attention, cette égalité fiscale pour se justifier demande une approche strictement égalitaire.

Elle implique donc une égalité totale entre Français.
Egalité de devoir signifie en effet égalité de droits pour respecter les principes fondamentaux de notre Constitution.
Dans ces conditions, tout Français devra donc être considéré comme ayant son domicile fisc& en France sans préjudice, évidemment, des obligations découlant des lois étrangères.
Toute autre formule mettrait en cause l'égalité constitutionnelle.
Tout Français, cela veut dire qu'il réside en métropole, à l'étranger ou… outre-mer car on ne peut, par soucis d'égalité, faire l'impasse des régimes fiscaux spécifiques aux collectivités d'outre-mer !
« Egalité, égalité chérie » ! pour paraphraser Paul Eluard !

Effectivement, cela change tout pour les Français de l'étranger.
Finie la taxation à trois fois la valeur locative pour les résidences secondaires quant il n'y a pas de convention fiscale !
Finie la non déduction fiscale pour certains travaux dans la résidence unique ! Finie les taxations iniques sur des plus values !
Finies les multiples discriminations…

Egalité, c'est également un effort équivalent de l'Etat pour tous ses ressortissants.
En matière d'enseignement par exemple.
Le coût annuel d'un jeune Français de "étranger est d'environs 3 000 € alors qu'un Français de France revient à 12 000 €.
Ce n'est pas juste !
Il faudra multiplier par quatre le budget. En matière sociale, notre fonds de solidarité représente 15 € par tête par rapport aux 300 € sur le territoire de la République.
C'est choquant ! II faudra donc multiplier par vingt l'effort national pour respecter "égalité.
Ils sont nombreux les secteurs où une remise à jour sera nécessaire…

Il ne faut pas être grand clerc pour vite comprendre que le coût de cet alignement fiscal voulu par certains risque d'être bien supérieur pour l'Etat aux rentrées qu'il peut en espérer à moins de prendre beaucoup de libertés avec notre loi fondamentale ce qui ne manquerait pas de faire fleurir les questions prioritaires de constitutionnalité dont on peut remercier Nicolas Sarkozy de les avoir instaurées.
Bon vent les amis !
Comme dit un proverbe chinois: “Il ne faut pas enlever une pierre du chemin si c'est pour la laisser tomber sur son pied ! »

Sénateur Christian Cointat

Pas de rêves sans vote !

Crise économique, tension sur l’euro, effervescence politique dans plusieurs parties du monde, incertitude du lendemain… il y a de la morosité dans l’air.

Les prochaines semaines et même les prochains mois seront difficiles pour tout le monde.

Les enjeux sont de taille et les difficultés à résoudre le sont encore plus.

Mais chacun sait qu’au-delà des nuages, aussi lourds et noirs soient-ils, se cache toujours le soleil.

Tout le problème est de savoir comment le faire apparaitre et le plus vite possible !
L’action est sans nul doute la meilleure méthode.

Exposer ses idées, mettre en avant ses convictions, défendre ses valeurs sont des médications particulièrement efficaces contre la « sinistrose ».

Soyons ravis, les campagnes électorales qui s’annoncent vont surement nous doper !
Mais dans tous ces combats en préparation, où sont les Français de l’étranger ?

Quelle place leur est réservée ?

Sont-ils conscients de la force qu’ils représentent ?

Quel sort leur réserveront véritablement les différents candidats en dehors de paroles aimables, de promesses lénifiantes ou de « n’y a qu’a » ou de « faut qu’on »?
Tel est, pour nous, l’un des enjeux de ces élections.

Serons-nous présents dans le débat ?

Serons- nous des acteurs du grand mouvement politique qui se met en place ?

Une partie de notre avenir en tant que Français établis hors de France est en train de se jouer car pour la première fois de notre histoire nous allons participer à part entière aux législatives.

Nous n’avons pas le droit de les rater !

Toute la question est de savoir si les Français de l’étranger ont pris conscience de ce qu’ils sont et de ce qu’ils représentent.

Ont-ils comme les Français de France ce sentiment d’appartenance à une composante de la République qu’elle soit régionale, départementale, communale, provinciale ou ultra marine ?

J’ai parfois quelques inquiétudes à ce sujet.
La devise des Luxembourgeois est : « Nous voulons rester ce que nous sommes ».

La notre devrait être « Nous voulons être ce que nous sommes » car nous pouvons en être fiers.

Nous portons les couleurs de la France hors de ses frontières en défendant ses positions sur les fronts économique, social et culturel qui agitent le monde sur tous les continents.
A l’occasion d’une rencontre de Sénateurs représentant les Français établis hors de France avec le tout nouveau secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger, l’une d’entre nous lui a posé à l’époque cette question toute simple : « Monsieur le Ministre, à quoi servez vous ? ».

Tant la question que les circonvolutions de la réponse démontrent à quel point nous avons encore du chemin à parcourir pour affirmer notre identité et notre fierté d’être ce que nous sommes à savoir les postes avancés de la France partout dans le monde.
Jamais une telle question ne serait venue à l’esprit de nos compatriotes ultra-marins tellement il est évident pour eux d’avoir une représentation spécifique au gouvernement. 2 500 000 Français de l’étranger, 2 500 000 ultra-marins, notre combat est le même : nous servons la République et dans des conditions plus difficiles que les Français de France métropolitaine.

Cela ne nous confère aucun droit supplémentaire mais appelle intérêt et respect de la part de tous et donc des candidats aux élections présidentielles.

Nous comptons sur eux. A ceux qui diraient que l’on peut rêver, je répondrai comme Oscar Wilde : « Le degré suprême de la sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue ».

Sénateur Christian Cointat
Paris, janvier 2012

Sous la contrainte trouvons l’intelligence !

« La contrainte est en soi un facteur de création » nous a dit Nicolas Sarkozy lors d’une réunion à l’Elysée avec le groupe UMP du Sénat !
C’est vrai !

La contrainte comme l’adversité en général transcendent le talent.
Que de souffrances, que d’épreuves se cachent souvent dans les vers admirables de grands poètes.
Combien de tableaux et de sculptures ne font que traduire une révolte passionnée ou un profond mal être.
Regardez Toulouse Lautrec.
On sait que l’absinthe dans laquelle il noyait son chagrin a fait éclore son génie avant de l’emporter dans la tombe.

Heureusement la joie et l’amour contribuent aussi à la beauté de l‘émotion.
Un peu d’optimisme quand même !
Nous, Français de l’étranger, nous avons tout pour être exceptionnels.
La contrainte, nous connaissons ! L’adversité c’est notre lot quotidien.
Rien ne nous est jamais accordé pour nos beaux yeux. Les complications, les atermoiements, les chausses trappes et autres gâteries amères, sans compter les pertes de mémoire ou les dossiers classés sous le coude gauche, sont notre routine habituelle !
Nous sommes même devenus des experts en la matière !
Pour l’humoriste « diminuer les moyens augmente l’intelligence » !
D’accord ! Ce n’est pas entièrement faux !
Mais pour autant que ces moyens humains, financiers, juridiques et techniques gardent un sens.
Un citron sans jus n’est plus un citron à presser !
Or nous en sommes là !

Oui à la rationalisation qui permet d’éviter les gaspillages, les redondances et les pertes de temps.
Non à la mise en péril du minimum vital.
Par exemple, peut-on considérer que ce minimum est respecté en matière de solidarité sociale pour les Français de l’étranger ?
Non, sûrement pas !

Deux chiffres le prouvent : l’effort financier de l’Etat par rapport à la population vivant en France est de 300 euros par an, alors qu’il n’est par rapport à la population des Français établis hors de France que de…15 euros par an, soit vingt fois moins !
Où est l’égalité pourtant inscrite au fronton de la République dans le marbre de notre Constitution?
Il y a des moments où les bras vous en tombent.
On a envie de tout envoyer promener.
On est découragé même si cette contrainte incroyable, selon les principes énoncés ci-dessus, pousse votre intelligence au Zénith !

Heureusement, le renoncement n’est pas compatible avec l’esprit et le courage qui animent les Français de l’étranger.
Il faut donc mener sans relâche – l’intelligence toujours plus aiguisée (?!) – le combat pour l’égalité.
Et puis « peu » est mieux que « rien ». Je n’oublie pas une phrase que j’ai lue sur un mur du métro à Paris : « Il ne faut pas oublier l’éphémère beauté de compter jusqu’à un pour celui qui n’a rien ».
Cela fait réfléchir. Voilà la vraie intelligence !

Sénateur Christian COINTAT

Les bonnes résolutions

Les débuts d’année sont connus pour être propices à la prise de bonnes résolutions.

Mais, comme chacun sait, nul n’est tenu de les mettre en pratique !

La preuve : un de mes amis s’était engagé devant moi à ne plus prononcer en 2011 un seul mot déplacé.
Quelle audace !
Cela dura peu car à peine contrarié, je l’ai entendu sortir brusquement une mélodie composée de noms d’oiseaux à faire perdre toute contenance à un charretier confirmé !

Une autre de mes amies avait, elle, décidé de ne plus jamais médire sur son prochain.
Peu de temps après, quelle ne fut pas ma stupeur de l’entendre avec des phrases ciselées, brodées plus finement que de la dentelle, tailler un costume sur mesure à l’égard d’une connaissance commune !

Donc, aucune bonne résolution pour moi !
Elles donnent de faux sentiments de supériorité qui ne durent point à l’image de la célèbre phrase de Louis Jouvet : « Vous pouvez me serrer la main, le talent ne s’attrape pas » !
Il vaut mieux rester soi-même car c’est le gage de l’authenticité !
D’ailleurs, les Luxembourgeois l’ont bien compris en prenant comme devise : « Nous voulons rester ce que nous sommes », ce qui leur a permis de surmonter les vicissitudes de l’Histoire.

Aussi, pour cette année 2011 n’ai-je point besoin de prendre de bonnes résolutions pour continuer mon combat en faveur des Français établis hors de France et agir pour que soient reconnus les atouts qu’ils constituent pour notre pays.
Nos compatriotes relaient et démultiplient le rayonnement économique, culturel, linguistique et politique de la France sur les cinq continents.
Ils représentent une richesse et une force d’autant plus considérable qu’environ un quart des Français travaillent pour l’exportation.

L’Assemblée des Français de l’étranger qui les représente est encore largement sous employée.
C’est incompréhensible car elle constitue un instrument remarquable qu’aucun autre pays n’a à sa disposition dans des conditions identiques.
Tous les gouvernements sont informés par le canal de leurs postes diplomatiques de la vision du monde qu’ont les gouvernements étrangers.
Mais aucun ne sait réellement ce que pense le peuple des différents Etats de la planète.

Notre gouvernement, lui, le peut s’il le veut bien, grâce à l’Assemblée des Français de l’étranger.
En effet, nos élus vivent avec les citoyens de leurs pays d’accueil.
Ils respirent le même air, ils subissent les mêmes contraintes, ils partagent les mêmes espérances et se fondent dans un même destin.
Eux, ils savent. Il serait temps d’en faire profiter la France.

Tel un inlassable pèlerin, un missionnaire, un prédicateur je vais donc continuer à chercher à ouvrir les yeux de nos dirigeants sur cet inestimable avantage que représentent les Français établis hors de France et leur Assemblée.

N’est-ce pas Nicolas Sarkozy qui en s’adressant aux Français expatriés a déclaré un jour : « Vous êtes le visage d’une autre France, d’une France qui ose, qui s’ouvre et qui innove. Vous êtes le visage d’une France que je veux renforcer »…

Christian COINTAT

« Le temps n’attend pas » (Lénine)

J'ai l'impression qu'en cette fin d'année 2010 la terre s'es mise à tourner plus vite. Tout semble s'accélérer.

Les réformes législatives s'enchaînent à un rythme de plus en plus soutenu faisant mentir la règle des promesses jamais tenues.

La perspective des députés des Français de l'étranger se rapproche à pas de géant au point de voir fleurir une multitude de candidatures. Le printemps électoral est précoce !

On s'en réjouit !

A croire que tout est décalé.

On pourrait presque s'imaginer en suivant le feuilleton du microcosme politique que les élections présidentielles sont pour demain avec un enchaînement quasi immédiat pour tous les renouvellements électoraux.

Attention à vos sièges !

Même l'hiver s'est mis de la partie. Il s'est trompé d'heure et de jour en débarquant à l'improviste beaucoup trop tôt.

Quelle pagaille ! A croire qu'il n'était pas informé du réchauffement climatique !

Le Père Noël n'a pas voulu non plus être en reste. Alors qu'autrefois les lumières du ciel ne descendaient dans les rues pour les éclabousser des couleurs de la fête qu'aux alentours de la Saint Nicolas, elles se sont précipitées sur notre terre dès la mi-novembre pour illuminer villes et villages.

Au train où vont Les choses on peut se demander si le réveillon de Noël ne va pas un jour se glisser juste après la Toussaint ! Attention ! nous ne sommes pas à l'abri d'une telle mésaventure, elle s'est déjà produite il y a quelques siècles avec le déplacement du jour de l'an du 1er avril au 1er janvier !

Pourtant quand je regarde les aiguilles de ma montre ou celles des horloges, elles semblent irrémédiablement figées comme si le temps s'était arrêté.

Tout est question de relativité.

Pour l'expliquer, Albert Einstein disait « quand un homme reste avec une jolie fille pendant une heure, il a l'impression que cela n'a duré qu'une minute. Mais qu'il reste assis sur un fourneau brûlant pendant une minute, ça lui semblera plus long qu'une heure» !

Oui, tout est relatif. En effet, après une longue période de crise, nous avons tous besoin de fêtes, de paillettes, de gainé et de joie pour pouvoir affronter la nouvelle année avec allant, confiance et optimisme.

Mon message sera donc tout simple mais très fort :

Joyeuses fêtes et bonne et heureuse année 2011 !

Sénateur Christian Cointat